Weiss Falk

Timothée Calame & Alan Schmalz – Affinities
Weiss Falk, Basel
13.4–25.5.2019

English:

The exhibition starts outside, from the street. The photographs (10 x 15 cm) are displayed on white slats in the window, an elongated showcase that shelters and shades the gallery interior from the incoming sunshine. The photos were all shot at the 20th edition of La Plaine, an independent carnival held outside the eponymous district of Marseilles owing to ongoing urban development work there.

We follow the „partygoers“ in their element till they melt into the crowd and into the imperturbable architecture of everyday life. Some of their eyes express incredulity amid this multifarious mix of Marseillais. Ubiquitous reflections of a thousand differences in distinct, even incompatible, parts of the city. We wanted to show them to passers-by in Basel, a city in which carnival is done differently. We took these reflections with us to serve as an introduction to the exhibition, as well as to pay tribute to a place, a moment, a multitude of friendships.

Inside the gallery we’ve hung a series of large-format pictures on the walls, oil paintings on paper mounted on wood, the fruits of our explorations and discoveries. Our motive was to paint anything but a painting, to work with a polychrome palette, to make a point. We confine ourselves to evoking forms without naming them: spheres, self-consuming planets, umpteenth gadgets, observant eyeballs, blindable eyewitnesses, all manner of projectiles that gouge whatever’s gougeable, a ginormous packed arena, a host of human skills and wills) – forms that may well be attributable to a general sense of the end of time/race/world. We ought to celebrate the potential disappearance of all these concepts, like switching on the lights at a show about the instantaneous extinction of a civilization. Affixing verbalized themes (maternal bonds, quarrels over needs and desires, a patrol reporting irregularities, collective emphasis) to this multitude of microcosms introduced us to the Paleozoic soul and then to the degenerate heart.

We have never shown abstract paintings before: shame on us for waiting so long – and shame on us for jumping on the bandwagon now!

It’s as though we’d resisted this temptation... until the door gave under the weight of insistent serendipity, until we found ourselves facing the music, finding interest in the insipid.

Which inevitably brought us back to our human destinies, acceptance of the first signs of old age, death. This series of paintings – alchemical treatises – goes down the wrong tracks of eternal life, skillfully recycling shit and gold, the Way of the Cross illuminated by sodium-vapor and energy-intensive mercury bulbs.

The furniture designed for the occasion is made of recycled materials, improbable colors, roughly based on a rough idea one might have of an equally rough idea: that of a nation.

The drawings speak for themselves.

We’d like to thank everyone who helped us carry out these visual experiments in this climate of exceptional quality.

Basel, 2019


French:

L’exposition commence dehors, de la rue. La vitrine est investie de sorte à fonctionner comme présentoir d’images. Des photographies (10x15cm.) sont réparties sur un espace longiligne et horizontal, abritant par strates l’intérieur de la galerie, une protection partielle au soleil à venir, au service de l’ombre. C’étaient les éléments d‘un mobilier/documentaire. Les images, elles, toutes capturées à l’issue du 20ème carnaval indépendant de La Plaine (Marseille) qui s’est lui-même tenu hors du quartier éponyme, pour cause de réaménagement urbain…

On y suit des «fêtards» dans leur élément jusqu’à leur dissolution dans la masse et l’architecture imperturbable du quotidien. Dans certains regards, l’incompréhension, pure hétérogénéité des mondes que recoupe une ville. Partout, dans ces zones distinctes, voire incompatibles, les réflexions de milles différences. Nous trouvions propice de les proposer aux passants d’une ville dans laquelle le carnaval est autrement institué. Porter avec nous ces reflets, en guise d’introduction, fut par la même occasion, rendre hommage à un lieu, un moment, aux amitiés nombreuses.

Comme prolongement, une série de grands formats tient les murs. Produits d’une recherche, de découvertes (peinture à l’huile sur papier monté sur bois), dont nous ne nous prétendrons les inventeurs. Motivés par l’idée de tout peindre sauf une peinture, de manipuler nombre de couleurs, de tenir du propos. Se contenter d’évoquer sans les nommer ces formes (sphères, planètes autophages, énièmes gadgets, globes oculaires surveillants, témoins oculaires crevables, projectiles en tout genre mais crevant par dessus tout le crevable, enceinte gigantesque d’arène bondée, savoirs et avoirs) que l’on pourrait attribuer à une sensation générale de fin des temps/races mondes. Autant de concepts dont la possible disparition serait à célébrer comme l’ouverture des feux du spectacle qu’offrirait l’extinction instantanée d’une civilisation. L’apposition de langage textuel thématique (lien mère-enfant, gueguerre des besoins et envies, simples signalisation de patrouille, emphase collective) à cette multitude de petits univers nous introduisit à l’âme paléozoïque puis au coeur dégénéré.

Nous n’avions jamais montré de peintures abstraites, aussi honteux soit-il! Nous aurions comme résisté à cette tentation… jusqu’à ce que la porte cède sous le poids de l’insistante sérendipité… que nous nous trouvâmes au pied du mur, à trouver de l’intérêt dans l’insipide.

Ce qui nous remit fatalement à nos destins d’humains, l’acceptation des premiers traits d’une vieillesse, la mort. Cette série de peintures – traités d’alchimie – arpente les fausses pistes d’une vie éternelle, savant recyclage de merde et d’or, chemin de croix illuminé par les ampoules à vapeur de sodium, de mercure énergivore.

Du mobilier fut pensé pour la circonstance, à partir de matériaux récupérés, de couleurs improbables, et dont la base serait l’idée grossière que l’on se ferait d’une idée non moins grossière: un pays.

Les dessins parleront d’eux-mêmes.

Nous tenons, ici, à remercier ce, celles et ceux qui auront contribué à la possibilité de mener ces expériences ici présentes dans un climat de qualité.

Bâle, 2019

Cala iv affinities 03
Timothée Calame & Alan Schmalz – Affinities, Installation view
Cala 002881
Mobilier/Documentaire (Marseille-Carneval-‘19) I, 2019, Photographs, paper on cardboard, wood, 145 × 120 × 2.5 cm
Cala 002882
Mobilier/Documentaire (Marseille-Carneval-‘19) II, 2019, Photographs, paper on cardboard, wood, 145 × 120 × 2.5 cm
Cala 002883
Mobilier/Documentaire (Marseille-Carneval-‘19) III, 2019, Photographs, paper on cardboard, wood, 145 × 120 × 2.5 cm
Cala 002884
Mobilier/Documentaire (Marseille-Carneval-‘19) IV, 2019, Photographs, paper on cardboard, wood, 145 × 120 × 2.5 cm
Cala iv affinities 08
Timothée Calame & Alan Schmalz – Affinities, Installation view
Cala 002887
Mobilier Pré-conçu (Tabouret I), 2019, Lacquer, wood and steel, 40 × 56 × 56 cm
Cala 002886
Mobilier Pré-conçu (Banc), 2019, Lacquer, wood and steel, 40 × 258 × 57 cm
Cala iv affinities 09
Timothée Calame & Alan Schmalz – Affinities, Installation view
Cala 002876
Technodromes I (Nous sommes nombreuses-eux), 2019, Oil and letraset on paper on wood, 192 × 142 cm
Cala 002877
Technodromes II (Vos envies sont nos besoins), 2019, Oil and letraset on paper on wood, 192 × 142 cm
Cala 002878
Technodromes III (Ça dit: Tout le monde c‘est bel et bien chacun), 2019, Oil and letraset on paper on wood, 192 × 142 cm
Cala 002879
Technodromes IV (Possible infraction a hauteur d‘univers), 2019, Oil and letraset on paper on wood, 192 × 142 cm
Cala 002880
Technodromes V (Un jour maman c‘est mère), 2019, Oil and letraset on paper on wood, 192 × 142 cm
Cala iv affinities 12
Timothée Calame & Alan Schmalz – Affinities, Installation view
Cala iv affinities 16
Public Illumination I–VI, 2019, Oil on paper on wood, 207 × 136 cm each
Cala iv affinities 19
Timothée Calame & Alan Schmalz – Affinities, Installation view
Cala iv affinities 20
Timothée Calame & Alan Schmalz – Affinities, Installation view
Cala 002896
Dennis Rodman‘s Case, 2019, China ink, pen and letraset on paper, 31 × 23 cm
Cala 002897
Aux Générations successives, pareilles interrogations, 2019, China ink, pen and letraset on paper, 31 × 23 cm
Cala 002898
Mon Amour Vieux. De mensonges, de l‘eternel, 2019, China ink and pen on paper, 31 × 23 cm
Cala 002899
Moral im Hochschwarzwald, 2019, China ink, pen and letraset on paper, 31 × 23 cm
Cala 002900
Since Life Kills, 2019, China ink, pen and letraset on paper, 31 × 23 cm
Cala 002901
Invitations & Avertissements, 2019, China ink and pen on paper, 31 × 23 cm
Cala 002902
Where there are special things to do, 2019, China ink, pen and letraset on paper, 31 × 23 cm

Photos: Flavio Karrer
Courtesy: Weiss Falk and the Artists